Prochains concerts : Divona fête ses 30 ans avec vous !

Vous pouvez visionner (ou télécharger, c’est mieux…) en cliquant ICI une vidéo commémorative de 30 ans de notre chorale .

L’ensemble vocal Divona, du conservatoire de musique du Grand Cahors, prépare activement son trentième anniversaire, qui se concrétisera par deux concerts donnés à l’auditorium du conservatoire les samedi 2 et dimanche 3 avril prochains.
Mardi 9 février 2016 : Entretien avec son chef de chœur et fondateur Albertus DERCKSEN.
(propos recueillis par Michel Hocquet, président des Amis de DIVONA)

– 30ème anniversaire, cela fait donc une naissance en 1986, que faisiez-vous cette année là ?
En 1986, j’étais professeur à l’école de musique, chargé d’un ensemble de musique ancienne et enseignant aussi le clavecin.
Il y existait un petit groupe vocal dans le cadre du cours de solfège pour adultes, et à partir de ceux-là auxquels sont venus s’ajouter très vite d’autres chanteurs, un premier ensemble de 20 choristes est né sous ma direction avec l’autorisation du directeur, JP Rodrigo.

– Qu’est-ce qui vous a motivé au début de ce projet ?
Venant d’un pays où tout le monde chante, j’avais la conviction qu’avec un groupe d’amateurs il est possible d’aller très loin, contrairement à certains ici qui hiérarchisent le répertoire, affirmant par exemple que Bach est réservé aux pros.
En plus, il existait déjà en 1986 “La Chorale de Cahors”, créée et dirigée par Jean Sudres, mais il n’existait pas de chœur propre au conservatoire, ce que je jugeais indispensable.

– Les effectifs ont vite évolué ?
Tout de suite le groupe vocal s’est affirmé, et surtout autour de lui s’est mobilisé l’ensemble de l’établissement.
Notre premier concert a été donné à Cabessut, puis Anglars Juillac et Caylus, avec des extraits du livre vermeil de Montserrat et accompagnés par les musiciens du conservatoire, classes de cuivres, guitares, percussions, violons….
Au groupe initial de 20, se sont vite ajoutés une vingtaine de choristes, formant un « noyau dur », assidus, volontaires et de plus en plus performants.
Après le travail sur des pièces assez courtes, la première grande étape a été le Jephté de Carissimi, toujours avec les musiciens du conservatoire. Petit à petit la qualité du chœur s’est affirmée ; certains ont pris des cours de chant, des répés supplémentaires et des journées de formation animées par des chanteurs professionnels ont beaucoup aidé au progrès de l’ensemble.

– Vous étiez alors mûrs pour aborder Bach ?
Oui, pour les dix ans, nous avons chanté la messe luthérienne en sol mineur, qui a été la deuxième grande étape du groupe.
Ensuite entre les dix et les vingt ans, avec un ensemble de musiciens au diapason 415 (traverso, hautbois, clavecin, cordes), issus du conservatoire, et aussi provenant du grand sud-ouest nous avons abordé les Cantates dont la 131, la 71, la grande cantate 150, la 5, la 192 et d’autres.
En même temps nous avons travaillé le répertoire baroque avec Purcell, Vivaldi et enfin Haydn dont la grande « messe des timbales » a rassemblé 30 musiciens majoritairement issus du conservatoire autour de nous et a été la troisième grande étape de l’évolution de l’ensemble Divona.
Je ne peux pas parler de cette époque sans évoquer le formidable échange que nous avons eu avec un chœur de la banlieue de Barcelone (Premià de Mar) et j’ai eu un contact très enrichissant avec son jeune chef Daniel. Nous avons chanté dans la crypte de la Sagrada Familia.
Nous avons aussi vécu dans l’ambiance d’un groupe humain très chaleureux : les fêtes nous réunissaient souvent à l’occasion de naissances ! Mais, en même temps, nous avions adopté un rythme de travail intensif qui nous permettait de donner des concerts de qualité.

– Divona commence à prendre sa place dans la cité ?
C’est sans doute à partir du 20ème anniversaire que nous avons percé à Cahors même, sans doute boostés par le maire de l’époque, Marc Lecuru, qui veillait personnellement au développement culturel de la ville, et aussi par la prise en considération des élus successifs.

– Une fois ce niveau atteint, l’ensemble vocal restait ouvert à des nouveaux choristes ?
Depuis le début, je n’ai jamais voulu ni auditionner ni sélectionner les prétendants : à eux de venir nous écouter et d’intégrer le groupe avec responsabilité et respect ; le rythme de travail faisait œuvre de sélection !
Beaucoup de choristes, encore aujourd’hui, ne déchiffrent pas, ce qui suppose un gros travail personnel. Il y a donc un travail propre aux choristes qui n’hésitent pas à se regrouper entre eux pour les passages difficiles sans que je le leur demande, et cela m’a toujours très touché. Ça m’a aussi conforté, à un moment où je me tâtais pour une autre expérience musicale, dans ma résolution de poursuivre avec mes choristes qui n’ont pas cessé de témoigner leur attachement au groupe et à ma façon de travailler.
Nous sommes devenus une communauté humaine, en quelque sorte, au delà d’un chœur, d’une structure du conservatoire, Divona est une belle leçon de vie.
C’est d’ailleurs à cette époque que naît l’association des Amis de Divona dont la première présidente a été Claudie Brossard, ce qui a permis de structurer notre activité, et surtout de rémunérer les musiciens grâce à une trésorerie associative propre.

– Grâce à cette association, Divona réussit à s’auto-financer ?
Oui : les choristes sont élèves du conservatoire et payent environ 60€ par an, et mes heures de chef de chœur sont rémunérées par le conservatoire du Grand Cahors.
La cotisation de 15€ à l’association permet à celle-ci d’organiser les concerts et d’effectuer des recherches de sponsors, de manière à financer pratiquement la totalité de nos projets, les aides publiques (Mairie et conseil départemental) représentant entre 5 et 10% du coût total.
Les relations avec la ville, personnalisées depuis 10 ans par Françoise Faubert, sont toujours excellentes et la municipalité fait souvent appel à nous pour animer des actions : nous faisons maintenant partie du paysage culturel de Cahors.

– Depuis le vingtième anniversaire, l’activité n’a pas faibli ?
Après le 20ème anniversaire, où notre public a entonné avec nous un canon de J.S. Bach, nos productions de ces derniers dix ans ont été marquées par des œuvres de plus en plus importantes, pour ne citer qu’elles, l’Oratorio de Noël et la Passion selon St Jean de J.S. Bach, les Vêpres de S. Rachmaninov, et l’an dernier le Requiem de Mozart.
En fait Divona s’est de plus en plus spécialisée dans des œuvres du XVIIIème siècle, en s’entourant chaque fois que possible d’ensemble à instruments baroque au diapason 414.
Nos solistes sont des professeurs du conservatoire, comme Fanny et Bernard Bénet, Sonia Sempéré-Pélaprat ou Sylvie Pons, mais aussi des solistes issus de ses rangs.
J’aimerais rappeler que durant ces trente années, Divona a donné pas loin de 300 concerts (dont la moitié accompagnés par un ensemble instrumental) : au moins 30 à Cahors bien sûr, mais aussi dans les bourgs et villages du département et au delà où nous avons toujours été remarquablement bien accueillis.

– Alors, venons-en au 30ème anniversaire !
Au niveau du calendrier, les dates du 2 et 3 avril ont été choisies pour leur proximité avec Pâques, mais aussi parce que les mois de mai et juin sont très chargés.
Pour le programme, mon fil conducteur est de consacrer cette fête aux compositeurs qui ont nourri nos concerts de ces dix dernières années. Donc nous proposerons la cantate BWV4 de J.S. Bach qui est une œuvre de jeunesse remaniée plusieurs fois, écrite pour les temps de Pâques, puis un Salve Regina de Zelenka, que Bach a connu et côtoyé et dont l’œuvre est exhumée depuis peu (nous avons donné son ‘Dixit Dominus‘ en 2012). Il était contrebassiste et dirigeait l’orchestre de DRESDE au XVIII ème.
Nous retrouvons aussi Rachmaninov que nous avons travaillé deux fois avec tant de passion (en 2007 et 2014), et aussi Purcell dont nous avons chanté les « funérailles de la reine Mary » en 2006, cette fois avec un motet « beati omnes » peu connu.
Ensuite, un petit clin d’œil à la musique médiévale ou nous comptons faire participer le public (entrée obligatoire avec la voix chauffée et très motivé!), puis une œuvre anonyme du 16eme siècle, le « gaudete » en souvenir des concerts de Noël que nous avons tenus pendant plus de dix ans.
D’ailleurs, au sujet de ces concerts, je dois dire que ce qui m’a poussé à les arrêter, c’est avant tout pour laisser la place à d’autres énergies qui, avec un autre concept, ont occupé immédiatement le segment devenu vacant.
Maintenant nous chantons à Pâques (c’était essentiel pour la passion selon St Jean!) et cette année la BWV4 est une cantate pour le temps pascal.
Un autre compositeur que j’ai programmé pour ce 30ème anniversaire est J.P. Rameau, dont nous avions donné le motet « Laboravi » en 2011, avec un extrait des Indes Galantes, la danse des Sauvages, avec le chœur et les solis de Zima et Adario tenus par deux choristes : Dorothée Brunie et Hervé Lair.
Nos musiciens cette année sont cadurciens : Isabelle Collet et Jane Vickers à la flûte traversière, Pauline Dercksen et Christian Darré à la flûte à bec, Mathias Leclerc au basson, Peter Spofforth à l’orgue continuo, Yvan Dravet aux percussions et, venu de Limoges, Jean Pierre Nouhaut (qui nous a déjà accompagnés maintes fois) au violoncelle baroque.
Nous allons aussi grâce à l’auditorium, et à la complicité d’une régie tenue par Loïc, proposer un spectacle « remuant » : déplacements, participation du public et jeux de lumières vont agrémenter toutes ces séquences musicales.

– Il faut dire que nous sommes chez nous, dans cet auditorium ?
Oui, et j’en profite pour mettre l’accent sur ce formidable outil mis à notre disposition : les locaux du conservatoire et l’auditorium qui nous permettent de travailler dans des conditions idéales, les partitions fournies, et surtout le soutien sans faille des directeurs successifs Jean-Pierre Rodrigo et Yves Mas qui, en plus de leur aide à la mise en œuvre de nos projets nous sont précieux par la symbiose qu’ils ont créée et continuent de créer au sein du conservatoire, nous permettant de travailler en équipe avec tous les professeurs.
Pour tout cela, nous sommes heureux de faire la fête chez nous, en quelque sorte. Ensuite, nous irons prendre le pot d’anniversaire en ville, dans une grande salle que nous avons réservée.

– Quelques mots sur l’avenir de Divona ?
Nous allons nous inscrire dans le programme culturel du Grand Cahors, réunissant 40 communes, comme nous y invite José Tillou, vice-président de la communauté de commune et président du CA du conservatoire.
A court terme, j’aimerai aborder le répertoire du XIXème avec notamment quelques motets de Brahms et Verdi, peu connus du public.

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L'Ensemble Vocal DivonaL’Ensemble Vocal Divona fait partie du Conservatoire de Musique Philippe Gaubert de Cahors. Il bénéficie du soutien de la Ville de Cahors et de la Communauté de Communes du Grand Cahors.
Créé en 1986 au sein du Conservatoire de Musique Philippe Gaubert de Cahors, L’Ensemble Vocal Divona compte 50 choristes dirigés par Albertus Dercksen. Son répertoire, constitué à l’origine d’œuvres médiévales (Llibre Vermeil de Monserrat) et Renaissance, s’élargit aujourd’hui à la musique baroque (Purcell, Vivaldi, Haydn, cantates de Bach et Buxtehude) et à la musique des XIXème et XXème siècles. Cet ensemble a donné de nombreux concerts, principalement dans le Lot et ses départements voisins, mais aussi dans des lieux prestigieux comme la « Sagrada Familia » à Barcelone.

Divona Cadurcorum, importante cité gallo-romaine, est devenue Cadurca puis Cahors. ………………………………………………………………………………………………………………………………..

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Prochains Concerts

Vente des billets pour les concerts des samedi 2 et dimanche 3 Avril :

de 16h à 19h les mercredi 30/4, jeudi 31/4 et vendredi 01/5

affiche 30 ans 2016
Les 30 ans de Divona

Samedi 2 avril
et dimanche 3 avril
à l'Auditorium de l'Ecole de Musique de Cahors
Au programme :
- J.S. Bach cantate n°4
"Christ Lag in Todesbanden",
- J.D. Zelenka "Salve Regina",
- H. Purcell
"Beati Omnes qui Timet Dominum"
et quelques surprises...